Prayer to Infant Jesus

(Venerable Father Cyril of the Mother of God, Discalced Carmelite, 1590-1675)

Jesus, you decided to become a child, and I´m coming to you full of trust.
I believe that your attentive love forestalls all my needs.
Even for the intercession of your holy Mother,
you can meet my necessities, spiritual as well as material,
if I pray according to your holy will.
I love you with all my heart, all my strength, I beg your pardon if my weakness makes me sin.
I repeat with the Gospel „Lord, if you want you can heal me.“
I leave you decide how and when.
I´m ready to accept suffering, if this is your will,
but help me not to become hardened to it, rather to bear fruit.
Help to be a faithful servant and for your sake, holy Child,
to love my neighbour as myself.
Almighty Child, unceasingly I pray you to support me in my necessities
of the present moment (you can mention it here).
Grant me the grace to remain in you, to be possessed and to possess you entirely,
with your parents, Mary and Joseph, in the eternal praise of your heavenly servants.
Amen.

  

 

The Infant Jesus in Poetry

claudel-face Paul Claudel

L’enfant Jésus de Prague

Il neige.
Le grand monde est mort sans doute. C’est décembre.
Mais qu’il fait bon, mon Dieu, dans la petite chambre !
La cheminée emplie de charbons rougeoyants
Colore le plafond d’un reflet somnolent,
Et l’on n’entend que l’eau qui bout à petit bruit.
Là-haut sur l’étagère, au-dessus des deux lits,
Sous son globe de verre, couronne en tête,
L’une des mains tenant le monde, l’autre prête
À couvrir ces petits qui se confient à elle,
Tout aimable dans sa grande robe solennelle
Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune,
L’Enfant Jésus de Prague règne et trône.
Il est tout seul devant le foyer qui l’éclaire
Comme l’hostie cachée au fond du sanctuaire,
L’Enfant-Dieu jusqu’au jour garde ses petits frères.
Inentendue comme le souffle qui s’exhale,
L’existence éternelle emplit la chambre, égale
À toutes ces pauvres choses innocentes et naïves !
Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.
On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici.
Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi :
La poupée merveilleuse, et le cheval de bois,
Et le mouton sont là, dans ce coin tous les trois.
Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses sont à nous !
Les rideaux sont tirés… Là-bas, on ne sait où,
Dans la neige et la nuit sonne une espèce d’heure.
L’enfant dans son lit chaud comprend avec bonheur
Qu’il dort et que quelqu’un qui l’aime bien est là,
S’agite un peu, murmure vaguement, sort le bras,
Essaye de se réveiller et ne peut pas.